La france se lance dans une transition massive vers linux pour renforcer sa souveraineté numérique
La France a décidé de rompre avec la dépendance technologique envers les géants américains et s'engager dans une transition massive vers le système d'exploitation open-source Linux pour les réseaux de l'administration publique.

Une stratégie pour renforcer la souveraineté numérique
Le gouvernement français entend ainsi préserver la confidentialité des données sensibles des citoyens en maîtrisant les systèmes qui les traitent. La transition, déjà en cours, devrait être achevée d'ici la fin de l'année, a annoncé la Direction interministérielle du numérique (DINUM).
Chaque ministère, y compris les opérateurs, devra élaborer un plan d'action avant l'automne, en se concentrant sur les domaines suivants : postes de travail, outils collaboratifs, logiciels antivirus, intelligence artificielle, bases de données, virtualisation et équipements réseaux.
Cependant, cette transformation massive ne sera pas sans enjeux et défis. Les experts en cybersécurité et en systèmes avertissent que ce n'est pas simplement de remplacer un logiciel par un autre. Il s'agit d'une transformation de fond qui affectera les infrastructures, les fonctionnaires publics et la manière de travailler dans tout un pays.
La transition vers Linux a d'ores et déjà commencé dans certaines administrations, comme la Gendarmerie nationale, qui utilise des systèmes basés sur Linux depuis quelques années. Mais le défi est maintenant de l'échelle, avec plus de 3,3 millions d'ordinateurs à convertir.
Les experts estiment que cette transition ne pourra pas se faire en quelques mois, mais nécessitera des projets de plusieurs années et une continuité politique. La DINUM n'a pas encore confirmé les distributions Linux qui seront utilisées, mais travaille actuellement à leur intégration dans les équipements.
Plusieurs pays européens, comme l'Allemagne ou l'Espagne, ont déjà expérimenté des systèmes ouverts dans certaines administrations, mais rien ne garantit que la totalité de l'Europe suivra ce chemin.
La France est ainsi au avant-garde de la transition vers les systèmes ouverts, mais la question se pose de ce qui adviendra du géant Microsoft dans un avenir où l'Europe sera plus largement équipée de Linux.