Aluminium : la tension monte dans le golfe persique, londres en alerte
Le prix de l’aluminium explose à Londres, atteignant un sommet quatre ans, suite au blocus maritime imposé par Washington sur l’Iran. Cette décision, effective dès lundi, déclenche une vague d’incertitudes sur les approvisionnements du Golfe Persique et propulse le métal léger à plus 2% sur le London Metal Exchange.
Un choc brutal pour l’offre mondiale
La situation est exacerbée par une offre déjà fragilisée par la guerre en Ukraine. L’armée américaine a officiellement annoncé l’application de ce blocus, ce qui risque de creuser davantage les marges de production du métal, représentant environ 9% de la production mondiale. Emirates Global Aluminium PJSC, le premier producteur régional, a déjà invoqué le recours à la force majeure pour certaines livraisons, suite à une attaque iranienne ayant mis une de ses raffineries hors service.
Le secteur, déjà sous pression en raison de la flambée des prix de l’énergie et de la demande chinoise, est confronté à un redressement inattendu. Les contrats à terme de l’aluminium ont grimpé d’environ 18% depuis le début de l’année. Un rebond spectaculaire, en grande partie alimenté par le conflit en cours.

La chine freine, la russie profite
Si la Russie bénéficie indirectement de cette crise, tirant profit des matières premières, la Chine, principal consommateur mondial d’aluminium, semble désormais se montrer plus prudente. Les stocks dans le pays atteignent des niveaux inédits depuis 2020, suggérant un ralentissement de la demande. « Il est probable que l’aluminium à Shanghai commence à refléter la réalité d’une demande chinoise affaiblie », a déclaré Chen Jingmin, analyste de Zijin Tianfeng Futures Co. La faiblesse des fondamentaux chinois pèsera donc lourdement sur le potentiel haussier de l’aluminium à Londres.
Les autres métaux de base, hormis le fer, se sont relativement stabilisés, mais le désaccord entre Washington et Téhéran en matière de négociations sur le Moyen-Orient a brisé une brève période d’optimisme. Le cuivre a gagné 0,4%, le zinc 0,3% et le minerai de fer a progressé de 0,9% à Singapour. L’aluminium lui-même a clôturé la séance en hausse de 1,4%, à 3 547,50 dollars la tonne sur la LME, et de 0,5%, à 24 740 yuans la tonne sur la bourse de Shanghai.
La situation est claire : la volatilité géopolitique est désormais le principal moteur des prix des métaux. Une réalité que l’on ne peut ignorer.