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Sánchez et la chine : un pacte économique discrètement tracé

Depuis mars 2023, le président Sánchez a multiplié les voyages officiels en Chine, souvent à l’écart des recommandations de Bruxelles. Mais cette stratégie, oscillant entre provocation et ‘Robin des Bois’ du tardosocialisme, a laissé des traces : une série d’accords en matière agricole, technologique et fiscale.

Une vision à long terme, malgré les critiques

Si les accords ne résolvent pas le déficit commercial espagnol avec la Chine, ils témoignent d’une ambition à long terme de la part du gouvernement : la captation de projets similaires à ceux déployés par les géants américains comme Google, Oracle ou Amazon à Madrid et Málaga. Pourquoi ne pas faire appel à Huawei, Xiaomi, ou encore BYD et Omoda dans le secteur automobile ? Le retour de Santana Motor, soutenu par trois firmes chinoises, illustre parfaitement cette tendance.

Sánchez, loin de se laisser dicter son jeu, semble privilégier une approche pragmatique, en phase avec les ambitions chinoises. Il oublie toutefois un point crucial : la concurrence acharnée entre la Chine et les États-Unis pour la domination des grands modèles de langage (LLM) et de l’intelligence artificielle.

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L'ia, une question de données et de géopolitique

L’objectif du président de construire une « intelligence artificielle responsable » est mis à mal par la course aux données menée par des entreprises comme DeepSeek, Qwen ou Doubao, dont l’objectif ultime est la consolidation d’un canal de vente alternatif. La Chine, avec TikTok, a déjà pris une avance considérable sur ce marché. L'enjeu est de taille : la collecte indiscriminée de données et leur exploitation commerciale.

Le pragmatisme de Sánchez est également illustré par sa volonté de ne pas s’encombrer des considérations géopolitiques. La balance économique entre l'euro et le yuan est établie, ouvrant la voie à une collaboration au-delà des contraintes de la souveraineté technologique de l'Union Européenne, déjà visiblement hésitante.

Des initiatives européennes, mais pas une révolution

Des initiatives européennes, mais pas une révolution

Bien sûr, des initiatives européennes émergent, comme le travail de Alias Robotics en matière de cybersécurité, ou les batteries solides développées par Donut Lab et Mistral. Mais l’Europe ne peut s’appuyer sur une simple réplique de la culture du “lone wolf”. Les synergies et les partenariats sont la clé. Stellantis détient une participation dans Leap Motor, Volkswagen collabore avec Xpeng, et Mercedes a créé une joint-venture avec Geely. Le partenariat entre Leica et Xiaomi, ou encore celui entre Danone et Cofco, témoignent de cette tendance.

Il est clair que Sánchez ne s'aventure pas dans des réflexions abstraites. Il cherche à approfondir une symbiose déjà en cours entre différents acteurs du secteur privé, exploitant l’aura de marque de l’Europe, capable de susciter une fascination à la fois californienne et chinoise. Cette approche, axée sur la co-souveraineté économique, technologique et industrielle, pourrait bien redresser l'Europe face à la domination croissante des géants asiatiques.