Espagne abandonne l'exception : l'iva au carré en 2026
Après des mois de tergiversations et sous la menace d'une amende colossale de Bruxelles, le gouvernement espagnol capitule enfin. L’impôt sur la valeur ajoutée (IVA) sera bientôt traité comme une franchise en 2026, une décision qui impacte directement les 770 000 travailleurs indépendants du pays.
Un virage historique pour l’espagne
Cette mesure, inscrite dans la directive européenne 2020/285, vise à simplifier l’administration fiscale des auto-entrepreneurs et à alléger leur charge financière. En pratique, les entreprises dont le chiffre d’affaires annuel ne dépasse pas 85 000 euros ne devront plus déclarer l’IVA sur leurs factures et seront donc exemptées des obligations trimestrielles auprès de l’administration fiscale.
L’Espagne se rattache désormais à des modèles comme la France et l’Allemagne, où le régime de franchise est la norme depuis des décennies. Cette évolution, longtemps contestée, aboutit enfin à une harmonisation des pratiques européennes.

Les implications concrètes et les nuances
Si cette mesure soulage administrativement les auto-entrepreneurs, il est crucial d’analyser son impact réel. Avant de s’engager, il faut évaluer si cette franchise compense réellement le gain de simplification, en tenant compte de la facturation, des frais déductibles et de l’application spécifique en Espagne.
Le point clé : Les travailleurs indépendants devront déclarer un revenu d’information annuel pour prouver qu’ils n’ont pas dépassé le seuil de chiffre d’affaires. Pour beaucoup, cela signifie une gestion comptable simplifiée, sans les formalités trimestrielles et les frais d’expertise associés.
Un potentiel avantage concurrentiel : Certains professionnels, notamment dans le commerce de détail, l’hôtellerie ou les métiers du bâtiment, pourraient voir leur marge bénéficiaire augmenter de 21%, grâce à l’absence d’IVA pour leurs clients. Une avancée significative par rapport aux concurrents européens qui continuent de percevoir l’IVA.

Les réserves des experts
Bien que l’enthousiasme soit palpable, UPTA, l'association des professionnels de l'entreprise, met en garde contre les écueils de cette franchise. Elle supprime la possibilité de déduire l'IVA sur les achats, les investissements et les services. Pour les entreprises avec des dépenses élevées ou des renouvellements fréquents d'équipements, cette perte peut se faire sentir plus que le gain de simplification administrative.
Risque de frein à la croissance : En cas d'investissement important, il est préférable de rester dans le régime général pour récupérer l'IVA, évitant ainsi une restriction artificielle de la croissance. De plus, le dépassement du seuil de 85 000 euros entraîne une exclusion immédiate du régime, obligeant à recalculer la facturation de l’année.

Un choix stratégique pour l’auto-entreprise
Enfin, il convient de rappeler que la franchise est un choix volontaire. Chaque auto-entrepreneur doit évaluer si elle correspond à sa situation économique. Les secteurs avec des coûts élevés et des investissements constants, comme le commerce, l’hôtellerie ou le transport, pourraient ne pas en bénéficier pleinement. L’analyse comparative du coût de l’IVA perçu aujourd’hui et de l’Économie de gestion est primordiale.